08 octobre 2009

Salle d'attente

Mes gamins sont malades. Crève saisonnière. Celle qui frappe au hasard les têtes bondes qui ont l'impudence de la défier en trempant, têtes nues, leurs bas de pantalon.

Les médecins sont submergés, les salles d'attente sont bondées. Ah les salles d'attente! On y entre à pas feutrés en murmurant un "bonjour" à la ronde. Ici c'est comme à l'église, point de place pour les voix de stentor, juste du recueillement, une léthargique introspection sur le terrible malheur qui nous frappe : l'attaque massive d'une bactérie ou d'un virus dont les conséquences vont de l'état fébrile au doigt de pied purulent.

Le temps passe lentement quand, bouillant ou la crampe au ventre, on attend la libératoire invitation du toubib de pénétrer dans le Saint des Saints. A ce temps gluant, le taulier ne prête qu'une distraite attention; se contentant de mettre à notre disposition quelque littérature dont l'intérêt est proportionnel à la fraîcheur ou l'intérêt des informations y contenues. Tiens? Claude François est mort, Paris Hilton a perdu une prothèse mammaire dans l'avion reliant Paris à New-York, Michel Sardou est myope comme une taupe, le chien de Belmondo a fait un AVC...

Seuls les raclements de gorge, reniflements, toussotements et autres gargouillis déchirent le religieux silence. Mais voilà que la porte s'ouvre, c'est à mon tour...

7 ans - parfois plus - d'études pour en arriver à se faire crachoter à la figure des tonnes de morve... elle n'est pas belle la vie de médecin?


18 août 2009

Je suis de retour...

Mardi. 5H40. J'ai le nez comme une pastèque, je ne sais plus dormir. Bruits de reniflements insupportables. J'ai la crève. En plein été. Ironie. 10 minutes, ça faisait 10 minutes que je regardais le plafond quand un éternuement me décida. Je suis de retour.

J'ai peur tant d'être ankylosé que de n'avoir rien à écrire, d'être la victime innocente d'une fin de nuit prématurée. Le curseur clignote. 5H51. Il me reste une demi-heure avant d'aller me doucher, lever les enfants, préparer les déjeuners, les conduire aux stages, revenir boire une tasse de café avec ma femme, remettre la têtine à Aurélien et partir au boulot. Une demi-heure avant que la routine ne s'enclenche. Ne croyez pas que j'en suis malheureux mais, je l'avoue, les quelques instants de silencieuse solitude que m'offrent un sommeil capricieux me manquent, parfois.

Le curseur clignote, l'heure avance. Je me dis qu'il faut que je conclue cette bafouille avant l'heure de la douche. Question de pertinence. Il me semble en effet qu'il serait absurde de la reprendre plus avant dans la journée, elle en deviendrait insipide, inepte même. A 20 minutes du terme, je n'ai encore certes rien écrit de passablement intelligent mais plus le temps passe, plus je me dis que la saveur de cette glose ne vient pas du sujet qu'elle entend aborder, mais bien de sa genèse. 5H30, je ne savais plus dormir. Nez bouché. 5H40, j'éternue. 5H42, je suis de retour.

Tout paraît si simple, si linéaire. Nez bouché, éternuement, décision de reprendre une vie là ou on l'abandonna. C'est beau. Au moment où j'écris ces lignes, le soleil se lève sur un jour nouveau non parce que le monde a changé, mais parce que la terre vient de boucler un tour sur elle-même. Un tour de plus.

Mon chat va arriver, sauter sur la table du jardin et me fixer de ses yeux mi-clos. Il en sautera et viendra gratter à la fenêtre en miaulant. Il a faim, c'est l'heure de la gamelle. Le monde se réveille, doucement, dans l'odeur trop forte d'une boîte pour chats. Je suis de retour.

09 juin 2009

Que deviens-je?

Je viens d'être papa pour la troisième fois. Il s'appelle Aurélien et il est beau.


Je n'écris plus pour le moment, je dessine.

14 avril 2009

A chacun sa m... Approche métaphorique de l'individualisme occidental

02 avril 2009

C'est magique, non?